Le gouvernement marocain a dévoilé en début d’année son plan stratégique pour l’extension du réseau autoroutier national. Avec 1 800 km de nouvelles autoroutes prévues entre 2025 et 2030, et une enveloppe de 45 milliards de dirhams, ce programme représente l’un des plus grands chantiers d’infrastructure de l’histoire du Royaume.

Un réseau autoroutier en forte expansion

Le Maroc disposait fin 2024 d’un réseau autoroutier d’environ 1 830 km, géré par la Société Nationale des Autoroutes du Maroc (ADM). Le nouveau programme 2025–2030 vise à doubler ce réseau en ajoutant 1 800 km supplémentaires, portant la capacité totale à plus de 3 600 km à l’horizon 2030. Cette ambition place le Maroc parmi les pays africains les mieux dotés en infrastructure routière.

Parmi les axes prioritaires figurent la liaison Dakhla–Laayoune, le contournement de plusieurs grandes agglomérations dont Meknès et Béni Mellal, ainsi que des tronçons visant à désenclaver les régions éloignées du Souss et de l’Oriental.

💡 Le programme autoroutier 2025–2030 représente un investissement moyen de 7,5 milliards de DH par an pendant cinq ans, soit l’équivalent de plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs dans le secteur BTP marocain.

Les axes du programme et leur avancement

Le programme s’articule autour de plusieurs tronçons stratégiques dont les études ont déjà été lancées ou achevées :

  • Tiznit–Dakhla (1 055 km) : axe majeur pour le développement des provinces du Sud, avec travaux lancés par phases
  • Berrechid–Béni Mellal : désengorgement de l’axe atlantique vers l’intérieur du Maroc
  • Taza–Al Hoceima : connexion de la région du Rif au réseau national
  • Meknès–Midelt : ouverture du Moyen Atlas aux flux économiques
  • Contournements urbains : Meknès, Beni Mellal, El Jadida et Nador

Impact sur le secteur BTP marocain

Ce programme constitue une opportunité majeure pour les entreprises de BTP marocaines. Les marchés de génie civil, terrassement, revêtement, ouvrages d’art et infrastructure annexe vont représenter des milliards de dirhams de commandes publiques sur la période 2025–2030. Pour les PME du BTP, cela se traduit par des opportunités de sous-traitance aux grands groupes attributaires des marchés.

Les entreprises bien organisées, capables de gérer plusieurs chantiers simultanément avec des outils numériques de suivi, seront les mieux positionnées pour répondre à ces appels d’offres et gérer efficacement l’exécution des marchés.

Les métiers BTP concernés

  • Terrassement et génie civil (gros œuvre autoroutier)
  • Pose d’enrobés et revêtements bitumineux
  • Construction d’ouvrages d’art (ponts, viaducs, tunnels)
  • Signalisation et éclairage autoroutier
  • Barrières de péage et équipements
  • Aménagement paysager et drainage

Financement et gouvernance du programme

L’enveloppe de 45 milliards de DH sera financée par un mix de ressources : fonds propres d’ADM (Société Nationale des Autoroutes du Maroc), financements de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), emprunts obligataires et financements multilatéraux via la Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement. Les procédures d’appel d’offres suivront les règles de la commande publique marocaine.

Ce que cela signifie pour les entreprises BTP marocaines

Pour saisir ces opportunités, les entreprises BTP marocaines doivent impérativement renforcer leur capacité de gestion : suivi rigoureux de l’avancement, maîtrise des coûts, gestion des ressources humaines sur de multiples chantiers. Les donneurs d’ordre publics exigent de plus en plus des reportings détaillés et un suivi financier transparent.

MarocBTP accompagne déjà des centaines d’entreprises de BTP marocaines dans cette modernisation de leur gestion opérationnelle, en leur offrant des outils de pilotage adaptés à la réalité du terrain marocain.